Quand l’année commence en silence
Les anciens disaient que l’année ne commence jamais d’un seul pas,
mais qu’elle se prépare, comme un germe de vie.
Les douze jours où tout se prépare
Ils observaient et consacraient les douze premiers jours comme on observe une terre fraîchement labourée.
Chaque jour n’était pas seulement un jour de plus,
mais une semence invisible, déposée dans le temps.
Quand les mois prennent forme, un jour à la fois
Le premier jour portait en lui le souffle de janvier.
Le second murmurait février…
Et ainsi, jour après jour, les mois à venir s’annonçaient en silence
et construisaient la trame de notre vie annuelle.
Ce que l’on vit au commencement laisse une trace
Ce que l’on pensait au fond de soi,
ce que l’on disait,
ce que l’on faisait durant ces jours
n’était jamais en vain :
tout descendait dans la profondeur de l’année,
comme une graine dans la terre.
Une sagesse transmise à travers le temps
Les anciens savaient cela.
Ils prenaient soin de leurs paroles.
Ils évitaient les querelles et les médisances.
Ils bénissaient le travail, la maison, les relations, les efforts qui jalonnent la vie,
et souhaitaient le meilleur, même à leurs ennemis.
Le temps devient vivant quand on l’habite en conscience
Car le temps, durant les douze premiers jours de l’année, est vivant.
Lorsque l’on médite, prie et écoute,
chaque jour devient un souffle de création unique.
Dans de nombreuses traditions spirituelles, on reconnaît depuis très longtemps cette intuition :
le début de l’année est un temps sacré,
un seuil,
un passage où l’invisible se rend disponible pour façonner la suite de notre chemin.
Au-delà des croyances, un chemin de conscience
Ces douze jours ne sont pas faits pour la peur, la méchanceté ou les paroles blessantes,
ni pour la superstition,
mais pour la conscience de soi,
pour comprendre le rôle de la vie et de ses cycles perpétuels,
qui nous enseignent et nous font grandir à tous les plans, à travers toutes les expériences.
Ils nous rappellent que la vie, que l’année,
n’est pas une suite de hasards,
mais une terre à cultiver,
où chaque intention devient racine
et chaque geste, une promesse.
Semer avec confiance, laisser la vie répondre
Celui qui médite et veille durant ces jours
ne cherche pas à contrôler l’avenir,
mais à l’honorer,
à le rendre sacré,
et à créer en lui — et autour de lui —
un souffle de providence et de bonté.
Il faut toujours se souvenir
que ce que l’on sème au commencement
ne détermine pas tout,
mais oriente beaucoup.
Ainsi, doucement, l’année se met en marche,
portant en elle les graines silencieuses
des douze premiers jours.